Férocité-Dangerosité chez le Chien, et Bien-Être Animal
Limites des lois sur le bien-être animal et pistes pour une meilleure protection éthique
Préambule
Les vétérinaires sont les garants du bien-être animal.
Le code de déontologie belge (art. 15) stipule que “le vétérinaire doit : (1) Veiller à la protection et au bien-être des animaux ; (2) …”
En tant que vétérinaire spécialiste en médecine comportementale et en approche holistique, je prends cette obligation au sérieux, particulièrement sur le plan comportemental (socio-étho-psycho-neuro-logique).
Aujourd’hui, je m’interroge sur l’agressivité, la dangerosité et la férocité chez le chien – des notions centrales dans les lois sur le bien-être animal, mais qui méritent une réflexion plus nuancée au regard des connaissances actuelles en génétique et en gestion comportementale et holistique.
Introduction
Dans les lois sur le bien-être animal, le terme de férocité désigne souvent une agressivité exacerbée par des pratiques humaines, comme l’entraînement au combat contre un autre animal. On peut la voir comme une forme d’agressivité naturelle amplifiée, qui augmente la dangerosité de l’animal pour son entourage. Cette notion est synonyme d’une agressivité individuelle accrue ou d’une dangerosité renforcée, amplifiée par l’intervention humaine sur des traits naturels.
Ces lois visent à interdire les actes qui transforment un comportement adaptatif en un risque pathologique, mais elles montrent des lacunes, notamment en ignorant certains impacts de la génétique et des interventions médicales sur le comportement canin.
Législations du Bien-Être Animal
À l’échelle mondiale, les législations sur le bien-être animal interdisent généralement les pratiques qui excitent cette férocité.
Par exemple, en Europe et en Amérique du Nord, les combats d’animaux sont prohibés, tout comme l’entraînement qui pousse un chien à attaquer un autre.
En Belgique et en France, les textes parlent explicitement d’exciter la férocité par le dressage contre un autre animal, avec des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison. En Suisse, les lois se concentrent sur la maltraitance et le surmenage qui altèrent le bien-être physiologique ou éthologique, sans mentionner directement la férocité, mais en couvrant les atteintes qui exacerbent l’agressivité.
Au Québec, les interdictions portent sur les combats et l’excitation de l’agressivité, avec une évaluation individuelle des chiens dangereux basée sur leur comportement, plutôt que sur la race.
Dans les pays anglo-saxons, les approches sont similaires.
Au Royaume-Uni, la loi sur les chiens dangereux mentionne les chiens féroces et interdit d’exciter l’agressivité par le dressage ou les combats.
Aux États-Unis, la loi fédérale sur le bien-être animal bannit les ventures de combats d’animaux, qui incluent l’exacerbation de traits agressifs.
En Australie, les lois par État prohibent le “blooding”, c’est-à-dire l’excitation par le sang ou la chasse, avec des interdictions spécifiques sur les races considérées agressives, bien que l’évaluation se fasse souvent sur le comportement individuel.
Ces interdictions se concentrent sur des cas précis : les combats, le dressage conflictuel, l’utilisation causant des souffrances évitables, ou l’administration de substances qui influencent les performances.
Par exemple, imposer un travail dépassant les capacités naturelles d’un animal ou organiser des paris sur des combats est puni.
Cependant, ces textes ne couvrent pas toutes les pratiques qui peuvent amplifier l’agressivité et la dangerosité.
Les juristes qui rédigent ces lois, même conseillés par des vétérinaires spécialisés en bien-être animal et des conseils de déontologie, manquent apparemment parfois de connaissances approfondies en génétique et en interactions entre structure, éthologie, psycho-neuro-endocrino-immuno-fonctionnel-systémique-génétique de l’agression chez le chien et d’autres animaux.
Lacunes législatives
C’est là que résident les lacunes juridiques. Des études montrent que la castration peut rompre l’équilibre hormonal, augmentant le potentiel d’agressivité dirigée vers le propriétaire via un déséquilibre endocrinien.
Par exemple, des recherches indiquent une augmentation minimale de l’agressivité envers les inconnus chez certains chiens gonadectomisés entre 7 et 12 mois, et des augmentations rapportées d’agressivité owner-directed chez les chiens neutrés.
De même, certains médicaments psychotropes, utilisés pour calmer, peuvent entraîner des effets paradoxaux comme une agitation ou une agressivité accrue (désinhibition avec benzodiazépines, risques d’agitation avec SSRIs), sans restaurer l’homéostasie.
Ces pratiques, qui perturbent la régulation naturelle du comportement, ne sont pas explicitement interdites comme excitant la férocité, alors qu’elles peuvent mener à des souffrances évitables et altérer le bien-être éthologique.
Pour combler ces lacunes, il faudrait amender les lois sur le bien-être animal.
On pourrait interdire les interventions qui altèrent la génétique ou l’équilibre épigénétique sans viser une restauration complète de l’homéostasie, comme la castration systématique sans évaluation cas par cas, ou l’usage de psychotropes sans approche intégrée incluant régime et thérapies alternatives.
Ces changements permettraient une protection plus complète, alignée sur les avancées scientifiques en comportement animal.
Généralisation-Extrapolation sur Articles légaux existants
En attendant, on peut déjà calquer ces pratiques sur des articles existants des lois actuelles pour souligner leur aspect contraire à l’éthique et au bien-être animal.
Par exemple, la castration ou les psychotropes qui augmentent l’agressivité pourraient être vus comme causant des souffrances évitables ou une atteinte physiologique, similaires aux interdictions d’utilisation douloureuse ou de substances influençant les prestations.
Cette extrapolation pourrait encourager les tribunaux à appliquer plus strictement les interdictions existantes sur les souffrances évitables.
Cela rendrait ces actes anti-Bien-Être, favorisant une interprétation plus stricte par les tribunaux et encourageant des pratiques plus respectueuses de l’intégrité de l’animal.
Résumé et conclusion
En résumé, les lois sur le bien-être animal protègent contre certaines formes de férocité-dangerosité excitée, mais ignorent des facteurs modernes comme les impacts épigénétiques et cybernétiques physiologiques des interventions médicales.
Une mise à jour intégrant ces connaissances serait un pas décisif vers une protection réelle, éthique et efficace – au bénéfice des chiens, de leurs propriétaires et de la société.
Appel à discussion
Si ce sujet vous interpelle – que vous soyez propriétaire, vétérinaire, comportementaliste, juriste ou simplement attaché au bien-être animal –, n’hésitez pas à commenter ci-dessous. Vos retours, expériences cliniques, observations terrain ou idées d’amélioration des textes légaux sont les bienvenus.
Ensemble, nous pouvons contribuer à faire évoluer le cadre du bien-être animal vers plus de cohérence et d’efficacité.
Références
Belgique : Décret du 16 mai 2024 relatif au bien-être des animaux en Flandre, article 24 (interdiction d’exciter la férocité en dressant un animal contre un autre, et d’utiliser un animal causant des souffrances évitables ou atteinte physiologique/éthologique).
France : Code rural et de la pêche maritime, article L214-3 (interdiction d’exciter la férocité des animaux en les dressant contre un autre).
Suisse : Loi fédérale sur la protection des animaux (LPA), articles 3 et 26 (interdiction de causer douleurs, maux ou angoisse inutiles, et actes de cruauté comme surmener ou exciter à l’agression).
Québec : Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (P-42), article 9 (interdiction des combats et d’exciter l’agressivité) ; Loi 128 sur les chiens dangereux (évaluation individuelle des chiens mordants ou hyper-réactifs).
Royaume-Uni : Dangerous Dogs Act 1991 (mention de “ferocious dog” et interdiction d’exciter l’agressivité via dressage ou combats ; chiens “out of control”).
États-Unis : Animal Welfare Act, 7 U.S.C. §2156 (interdiction des “animal fighting ventures” exacerbant les traits agressifs).
Australie : Lois sur le bien-être animal par État (interdiction du “blooding” ou excitation via sang/chasse ; évaluation par comportement, non juste race).
Études sur la castration : Farhoody et al. (2018), Aggression toward Familiar People, Strangers, and Conspecifics in Gonadectomized and Intact Dogs, Frontiers in Veterinary Science (augmentation minimale envers inconnus chez certains gonadectomisés 7-12 mois). Duffy et al. (études C-BARQ, augmentation rapportée d’agressivité owner-directed et stranger-directed chez neutered).
Effets des psychotropes : Études vétérinaires sur risques d’agitation/agressivité et disinhibition (ex. benzodiazépines, SSRIs chez chiens).
Code de déontologie vétérinaire belge : Article 15 (veiller à la protection et au bien-être des animaux, etc.).

